À Noël, Dieu prend l’initiative de venir à notre rencontre, de s’enraciner dans notre histoire, de venir cheminer sur nos routes humaines pour nous dire qui il est et qui nous sommes. Dieu se fait chair ! Dieu se fait petit enfant ! Devant ce visage fragile toutes nos conceptions de Dieu volent soudain en éclats !
Noël ! Mystère de la foi ! Seul l’Esprit peut nous faire contempler, sur les genoux de cette jeune fille juive, appelée Marie, Dieu en visite chez nous ! Noël ! Rendez-vous imprévisible de l’éternité et du temps, du divin et de l’humain, de la Vie éternelle et de l’homme mortel.
En cette nuit, notre destin a basculé. La planète terre, ce minuscule grain de poussière perdu dans l’immensité des galaxies, est devenue la résidence secondaire de Dieu ! Dans le corps d’un homme va battre le cœur de Dieu !
Stupéfiante humilité de Dieu qui se cache et se révèle sous les traits d’un enfant. Quoi de plus innocent que le regard d’un enfant ? Le guerrier, l’assassin, la brute, l’homme le plus blasé est toujours ému devant un petit enfant, car dans les yeux d’un enfant il peut encore voir briller l’espérance d’un monde nouveau, une promesse d’avenir.
Quand Dieu vient pour sauver l’homme armé jusqu’aux dents, il prend les yeux d’un enfant pour nous regarder. Son seul pouvoir est celui de l’amour. Un amour désarmé. Un amour désarmant.
Mais saint Jean, dans son admirable prologue, écrira : « Dieu est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu ! » Voilà le drame permanent de notre monde. Car l’homme ne peut “re-naître” et faire naître un monde nouveau que s’il accueille l’amour humble et la paix de ce Dieu imprévisible.
C’est la raison pour laquelle l’amour n’en finit pas de naître sur notre terre. C’est Noël, chaque fois que nous faisons reculer, en nous et autour de nous, les frontières de l’égoïsme, de l’injustice ou de la violence afin que Jésus naisse, afin que le Règne de l’amour grandisse en chacun de nous et sur notre terre.
Noël c’est aussi la fête de notre propre renaissance : en cet enfant, nous sommes tous re-nés à une vie nouvelle, en cette nuit nous sommes devenus des « enfants adoptifs » de Dieu.
Bonne fête de Noël !
Fr. Michel HUBAUT, OFM