Pourquoi venir à La Cordelle quand on a 20 ans ?

Nous nous sentons profondément chanceux. Tout ne peut pas se dire ici (…) et j’ai le sentiment de ne pouvoir qu’effleurer l’essentiel.

Été 2022 : une poignée de jeunes posaient leurs sacs à La Cordelle pour la première fois, pelle en main, pour restaurer les murs de clôture de l’ermitage. Cinq étés plus tard, l’aventure continue et le bilan se compte en pierres autant qu’en sourires. Plus de 60 bénévoles se sont succédé sur le chantier estival de La Cordelle, encadrés par Marion et Arnaud, deux tailleurs de pierre et maçons bretons passionnés, et épaulés en cuisine par des bénévoles comme Thierry. Débroussaillage, terrassement, déblaiement, dépose puis relevage patient des pierres : ce sont aujourd’hui près de 50 mètres linéaires de mur qui ont été rénovés patiemment, redonnant une harmonie à l’ensemble.

Mais ce que ces cinq années racontent aussi, c’est la diversité des jeunes que La Cordelle attire, et la façon dont chacun en repart transformé, selon ce qu’il venait y chercher… ou pas. Cette année, Mona, étudiante de 21 ans venant de Haute-Savoie, et Félix, compagnon charpentier belgo-français de 26 ans, ont vécu la même semaine de chantier mais avec deux histoires spécifiques.

Mona tout à gauche, en rouge, devant le mur longeant le chemin de Compostelle arrivant à Vézelay.
Non, la maçonnerie n’est pas réservée qu’aux hommes !

UNE HISTOIRE DE MAINS ET DE FOI

Mona n’avait jamais entendu parler des franciscains. C’est en cherchant à en savoir plus sur la spiritualité de François d’Assise, dont elle apprécie la proximité sur les questions d’écologie et de simplicité, qu’elle tombe sur la page du chantier du site internet des franciscains. Elle y voit alors une occasion pour son été de faire quelque chose de ses mains, tout en rencontrant d’autres jeunes et en creusant ses propres questions de foi.

Félix, lui, connaissait déjà bien le milieu franciscain, engagé chez les frères conventuels de Bruxelles. Ayant vu passer une affiche sur Instagram à ce sujet et n’ayant pas de vacances d’été planifiées, il signe. “Comme je suis un manuel, j’ai toujours cherché une manière de servir Dieu en utilisant mes mains. Je voulais vraiment mettre un talent au service de Dieu et de l’Eglise.”

Le chantier 2026 a permis de reboucher un trou dans le mur de l’ancienne église du couvent  XVIIe, de terminer la jonction entre celui-ci et le mur longeant le chemin de Compostelle arrivant à Vézelay, et d’avancer la finition “en hérisson” d’une bonne partie du mur de clôture en contrebas. Nouveauté cette année : la création d’un nouveau muret à l’intérieur de l’ermitage, au dos de la crypte. Il permettra de délimiter l’un des espaces du futur jardin de la Maison Commune, le nouveau bâtiment d’accueil et de rencontres tout juste construit.

« Tout ce qui est fait n’est plus à faire », résume simplement Félix avec sa gouaille habituelle. Pour ceux qui visiteront prochainement La Cordelle, c’est donc encore un nouveau visage du site qui leur apparaîtra.

Félix à l’œuvre avec une autre participante. Très à l’aise sur un chantier par son métier, il n’a pas hésité à filer conseils et coups de main.

UN POINT DE CHUTE FRANCISCAIN

« L’esprit de fraternité m’a beaucoup marqué ». Chez Félix, cela passe par les fous rires aux repas, la fatigue partagée et les bières prises presque chaque soir avec le groupe. Pas un moment spectaculaire mais plutôt l’épaisseur d’une semaine vécue ensemble, jour après jour, qui finit par compter. Il repart ainsi de La Cordelle avec un nouveau « point de chute » franciscain, des rencontres parisiennes qui prolongeront sûrement le lien, et un savoir-faire tout neuf : « Je n’avais jamais monté un mur en pierre et là c’est le cas… Et il y a beaucoup plus de contemplation de l’œil que dans mon métier ! »

Pour Mona, c’est dans les trajets à pied en fin de journée, jusqu’au petit bar du camping voisin où ils dormaient, que quelque chose s’est joué. Les discussions avec les autres bénévoles l’ont notamment amenée à revoir sa vision de la religion, moins raisonnée, moins moralisante et plus sensible qu’elle ne l’imaginait. « Ça m’a invité à faire des recherches sur d’autres façons de voir les choses. » précise-t-elle. Elle est revenue de La Cordelle avec l’idée de faire une place plus grande au travail manuel dans sa vie, mais aussi l’envie simple de retourner camper.

Pause bière ou vaisselle commune, c’est aussi ça le chantier à La Cordelle !

OUVERT À TOUTES ET TOUS

C’est avec le mot que Félix souhaite adresser à Marion et Arnaud que nous concluons. « Je trouve leur volontariat remarquable ; ça fait plusieurs années qu’ils prennent sur leurs vacances, avec des cathos, alors qu’ils ne le sont pas eux-mêmes. Je me dis qu’ils sont touchés par ces relations tissées, ils sentent qu’il y a ici quelque chose de différent. Ce n’est pas tout le monde qui aurait l’honnêteté de faire ça. »

Et c’est certainement la force de La Cordelle, inspirée par François d’Assise, que de faire grandir un espace de fraternité où chacun peut être accueilli pour ce qu’il est et vivre son chemin. Alors avis aux jeunes de 18 à 35 ans, croyant ou non croyant, en questionnement ou retour vers l’Église : 2027 sera le dernier chantier estival de rénovation du patrimoine et les inscriptions sont déjà ouvertes !

Pour en savoir plus sur ces chantiers : https://franciscains.fr/chantier-jeunes-cordelle/

 

Contact