Ils encadreront le prochain chantier bénévole des 18-35 ans à La Cordelle de Vézelay en août prochain. Nous avons rencontré Marion et Arnaud qui, discrètement façonnent les murs de cet ermitage pluri-séculaire.
Vous n’y verrez que du feu ! Marion et Arnaud, tous deux tailleurs de pierre et engagés dans le projet de La Cordelle, se sont vus confier la réfection des murs d’enceinte en pierres. Quand je passe les voir en février, par une longue journée pluvieuse, ils m’expliquent qu’ils les recomposent à partir de pierres calcaires des anciennes terrasses afin de conserver l’harmonie du lieu.
Cette fois, ils travaillent à l’élaboration d’un mur de parement, c’est-à-dire un habillage naturel pour le nouveau bâtiment qui vient de sortir de terre. Objectif : cacher la partie neuve et faire en sorte qu’elle s’intègre dans les lignes de l’ancien mur d’enceinte. Et ce joyeux duo, en couple à la vie comme à la truelle, n’est pas peu fier que ce travail leur ait été confié. « Initialement, l’entreprise de maçonnerie générale devait le réaliser, mais comme on avait déjà travaillé sur les murs – lors de chantiers bénévoles –et que tout le monde était satisfait du résultat, on nous a proposé de prendre cela en main dans un souci de cohérence et avec l’accord des architectes », explique Marion qui dit aujourd’hui trouver pleinement sa place dans ce projet de rénovation.


Je prends le temps de les regarder travailler chacun à l’extrémité du mur, puis permuter comme dans un ballet afin « de ne pas rester bloqué trop longtemps » à la recherche de la bonne pierre à caler au bon endroit. Alors ils scrutent, retournent, taillent, croisent et assemblent les pierres les unes sur les autres. Ce mur étant peu profond, cela complique un brin l’opération. Je découvre alors que les pierres ont un « lit » et qu’il faut le respecter. On l’appelle aussi niveau ou assise, c’est la direction dans laquelle la pierre a émergé du sol. Si la pierre est déposée dans le sens contraire de son lit, elle risque grandement de se « déliter » ou de se fissurer avec le temps, sous la pression du poids de la maçonnerie.
UN MATÉRIAU ÉCOLOGIQUE
Leurs gestes sont sûrs, « l’enjeu est de stabiliser l’ensemble et plus les pierres seront à touche-touche, moins il y aura de mouvement ». Alors qu’elle prépare un mortier à la chaux – un matériau écologique –, Marion m’explique que, contrairement au ciment beaucoup trop rigide, la chaux s’adapte aux mouvements du bâti et évite l’effritement des pierres. Et je comprends mieux pourquoi les jeunes qui ont participé aux chantiers estivaux animés par Marion et Arnaud sont revenus émerveillés. « Un mur ce n’est pas juste un empilement de pierres, c’est très technique, cela exerce notre patience, notre minutie et puis cela se réalise ensemble. » Alors avis aux jeunes de bonne volonté, les inscriptions pour le prochain chantier, qui se déroulera du 17 au 22 août, sont ouvertes, n’hésitez pas à en parler autour de vous.
Émilie REY


Rejoignez le prochain chantier en août


