Du 28 décembre 2025 au 1er janvier 2026, nos frères de Paris ont accueilli au dernier étage du couvent Saint-François 7 jeunes en précarité associés au Réseau Saint-Laurent et à ATD Quart Monde. Ils venaient de Toulouse, Saint-Brieuc, Lens et la banlieue parisienne, accompagnés par un jeune couple et une sœur de la communauté de la Bonne Nouvelle à Toulouse. Les frères de la communauté témoignent.
Très vite, ils ont appris à se connaître et ont formé un seul groupe, qu’ils ont baptisé avec humour les “Twins Loulou” (le nom est assez mystérieux mais il avait du sens pour ces jeunes et c’est le principal). Ils ont été profondément touchés par notre accueil, notre disponibilité et notre présence simple, que ce soit au couvent ou dans les événements de Taizé où nous nous retrouvions.
Chaque matin, dans la paroisse associée à Saint-Pierre de Montrouge (Paris 14ème), nous commencions la journée par les chants méditatifs de Taizé, portés par les différentes délégations européennes : allemande, polonaise, ukrainienne, espagnole, italienne, néerlandaise… Le soir, nous finissions la journée au sein du stade de Bercy Arena dont les 15 000 places étaient remplies (ce qui prouve que les prières méditatives attirent autant que les concerts de rock… du moins une fois par an).
Cet événement a été l’occasion de présenter, avec le frère Patrice, l’écologie franciscaine, mais aussi notre présence actuelle en France et Belgique et notre couvent à des jeunes de différentes confessions venu nous visiter. Les échanges dans un franglais approximatif ont été enrichissants des deux côtés. Certains protestants des Pays-Bas confiaient qu’ils entraient pour la première fois dans un couvent. Espérons que ce ne sera pas la dernière.
Comme le veut la tradition, la rencontre s’est conclue par la soirée du Nouvel An : prière et chants jusqu’à minuit, vœux échangés dans toutes les langues, puis danses hongroises, allemandes, espagnoles, bretonnes et jeux issus de nos traditions respectives jusqu’à très tard dans la nuit (ou très tôt dans la matinée). Le lendemain 1er janvier, nous avons accueilli à notre table d’autres jeunes français, hongrois et polonais. Sur le départ, plusieurs d’entre eux avaient les larmes aux yeux, reconnaissants pour l’expérience vécue à nos côtés.
Que retenir de cet événement ? Sans doute l’implication des frères de Paris (et parfois de la Province) pour témoigner d’une présence franciscaine. Chacun a apporté sa pierre à l’édifice : la préparation des chambres, une présence attentive lors des petits déjeuners au couvent, la présence aux prières du matin à la paroisse ou à la veillée du 31 décembre. Cette rencontre a été un beau moment de témoignage, tant pour ceux qui nous découvraient que pour les frères eux-mêmes, qui se sont laissés renouveler par la vitalité des jeunes. Cette énergie continue aujourd’hui de nourrir notre communauté. N’hésitons pas à nous engager sur ces projets ensemble tant les jeunes ont soif de découvrir une manière franciscaine d’habiter notre monde.
Les frères de la communauté de Paris
« La rencontre de ces jeunes fut pour moi un moment de vraie joie évangélique. J’ai aimé que nous puissions simplement leur ouvrir notre Fraternité, les y accueillir comme ils sont, avec leur générosité, leur désir fort de mettre du sens dans leur vie, de partager, de croire. J’aime leur simplicité à demander, à recevoir. J’aime leur spontanéité dans les rencontres, leur joie communicative… Ils viennent puiser auprès de nous ce que nous avons reçu de l’Évangile, de Saint François et de la Grande Tradition de l’Église. En fait, c’est un peu comme le repas mystique de Saint François et de Sainte Claire : nous leur avons offert ce que nous sommes et ils nous ont offert ce qu’ils sont. Nous nous sommes encouragés dans notre foi et espérance et dans la volonté de vivre et construire autour de nous la paix et la fraternité. »
Fr. Henri Namur



