Toute première fois !

Je me suis sentie accueillie.

Miriam, 30 ans et diplômée en biologie moléculaire, s’est rapprochée des franciscains après s’être éloignée de l’Église pendant plusieurs années. Oser questionner sa foi, aller à la rencontre de l’autre à travers les maraudes, faire du camping pour la première fois lors du Festival Brother Sun… Elle nous partage comment les frères l’accompagnent sur ce chemin d’audace.

En Bolivie, où je suis née et ai grandi, la foi est une évidence. Ce n’est pas une question que l’on se pose et elle imprègne notre éducation. Pendant mon enfance et mon adolescence, la religion catholique était donc importante et très présente dans ma vie.
À 19 ans, je me suis envolée vers la Belgique pour mes études. À partir de là, j’ai commencé à me poser beaucoup de questions sur l’Église et j’ai réalisé que j’étais en désaccord avec de nombreuses choses. Je m’en suis alors progressivement éloignée et me suis considérée comme agnostique pendant environ huit ans. Je n’y suis retournée que cette année.

J’ÉTAIS LA BIENVENUE

À mon arrivée à Paris, il y a cinq ans, je me suis installée dans le 14e arrondissement. Voisine du couvent franciscain, j’aimais y entrer de temps en temps, mais rapidement j’ai été très occupée avec mon doctorat et j’ai arrêté toute activité.
Cette année, j’ai eu plus de temps libre et j’ai pu y retourner. Un jour, à la sortie d’une messe, Fr. Alejandro est venu vers moi. Il s’est présenté et m’a parlé de l’afterwork des Jeunes pro : Le Poulailler. Il m’a invitée à tester tout simplement. Le fait de me sentir invitée a été déterminant pour moi. Et depuis ce mois de mars, j’ai participé à presque toutes les rencontres du Poulailler !
Si c’est à travers ma rencontre avec les franciscains que j’ai retrouvé un lien à l’Église, c’est avant tout parce que je me suis sentie à l’aise et en confiance avec les frères. Rapidement, j’ai pu avoir de vraies conversations avec eux. Je me suis dit : « Ah mais en fait, ce n’est pas si rigide que ça ! » Avec eux, mais aussi à travers l’attitude des autres jeunes présents, on m’a fait sentir que j’étais la bienvenue.

LÂCHER PRISE

Rapidement et par souci de cohérence, ça a été important pour moi de commencer à trouver un lieu où je puisse aider les autres. Chez les franciscains, je trouve une véritable cohérence entre les paroles et les actes. Ce ne sont pas juste des religieux qui prêchent, sermonnent, etc. Ils vont vraiment aider les autres ! J’ai retrouvé cette cohérence à travers les maraudes dans le quartier, un bénévolat que j’ai commencé à faire sur proposition de Fr. Vianney. J’avais envie de m’investir, bien que je n’aie jamais vraiment fait de bénévolat dans ma vie.
Le plus dur au début de cette nouvelle expérience des maraudes, c’était de ne pas regarder les personnes de la rue avec condescendance. Et ce n’est pas nécessairement évident ! Mais c’est vraiment très touchant comme expérience, ça questionne notre propre humanité : en rencontrant des personnes avec des backgrounds très différents, j’ai pris conscience que je ne sais pas ce qui peut m’arriver demain. Si c’était moi à leur place, comment j’aimerais que l’on m’aide ? Peut-être tout simplement en tendant la main et en passant du temps avec la personne, en l’écoutant… Bref, être là d’une manière humaine, en lâchant prise à chaque rencontre. Ce n’est pas facile au début, mais c’est une question de pratique. Un peu comme jouer de la musique : les premières fois ça va être un peu dur, mais si on s’y met, on est petit à petit plus à l’aise.

DES PETITES ATTENTIONS

Fin août, en Alsace, j’ai expérimenté mon premier festival chrétien. C’est la première fois que je faisais du camping. Toute une expérience ! J’ai eu quelques craintes, mais beaucoup de personnes m’ont prêté du matériel : une tente d’un frère, un sac de couchage d’une participante… Et quand je suis arrivée, Fr. Alejandro s’est souvenu que je suis frileuse alors il m’a prêté deux grosses couvertures !
Autant de petites attentions qui ont fait que je me suis sentie accueillie. Et si je suis venue, je pense que c’était justement par attrait pour ce côté fraternel que j’apprécie chez les franciscains. Jusque-là, à leurs côtés, j’ai toujours rencontré des personnes très simples dans le sens où elles ne portent pas de masques et sont très ouvertes d’esprit. Je sens que je suis encore dans les premiers pas dans mon cheminement spirituel. Si je suis retournée à l’Église aujourd’hui, c’est en grande partie grâce aux maraudes et aux franciscains : cela m’offre de vrais espaces où discuter avec des frères, en confiance.
Je sens que ce sont des lieux où je pourrais peut-être réactiver ma foi. Ils m’aident et me nourrissent énormément sur ce chemin. Et aujourd’hui, je peux dire que je me sens faire partie de la communauté franciscaine, je me sens chez-moi.

Miriam VILLEGAS

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