“Il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis” (Ps 132)

Durant une année, nous réfléchissons et nous nous essayons à chercher Dieu à la suite de St François. Depuis plus de deux mois nous expérimentons la vie communautaire franciscaine. Nous apprenons à vivre ensemble avec nos histoires et nos casseroles, toutes différentes. Nous adoptons le nouveau rythme de cette vie fraternelle avec ses contraintes et ses libertés : Le levé tôt pour certains, le contraste entre temps personnel et communautaire, le partage des tâches ménagères… Ainsi la communauté est un échantillon de ce qui se vit ailleurs, en famille, au travail ou à l’école… Pas besoin d’aller loin pour accueillir l’autre et ses différences. Au quotidien c’est transformer nos regards pour voir d’abord dans nos frères leurs dons qui enrichissent le bien commun et nous aident à grandir : l’humour de l’un, le savoir d’un autre, l’oreille musicale d’un troisième… Plutôt que les détails qui nous agacent. Cette dynamique se déploie avec tous nos frères et sœurs ici à St Antoine et partout ailleurs. Osons continuer tous ensemble d’expérimenter cet amour fraternel. 

Les petits frères postulants  

« Ça peut être un défi, à contre courant d’une société plus égoïste que fraternelle »

Un postulant

vous avez dit “POSTULAT” ?

« Postulat », voilà un mot bien réjouissant mais ô combien exigeant pour ces plus jeunes qui nous rejoignent ainsi que pour l’ensemble de notre Province. Que signifie ce temps dans le parcours vocationnel d’un frère ?

Le mot vient du latin « postulare » qui signifie « demander ». Et il est vrai que les jeunes qui entrent au Postulat sont en demande de découvrir une spiritualité vivante et non un moule uniforme. Cela a de quoi bousculer toute une Province ! Car si notre Province leur présente ses propres règles, elle doit avoir le courage, elle aussi, de postuler à travers eux un regard nouveau sur notre façon de vivre.

Ce processus de formation veille à l’identité unique de chaque jeune et au mystère qu’il porte en soi avec ses dons particuliers et ses « creux de vagues ». Il se doit de favoriser la croissance du postulant par la connaissance de soi et la recherche de la volonté de Dieu, pour le faire passer progressivement de la vie civile à la vie religieuse.

DE LA VIE CIVILE À LA VIE RELIGIEUSE

Pour notre Province, le Postulat se déroule à Brive et, dès ce mois de septembre, plusieurs candidats vont s’y rendre pour une année. Il y a tout d’abord la fraternité qui accueille ; des formateurs certes mais c’est bien toute la fraternité qui est concernée. Il y a ensuite le postulant qui est appelé à vivre un temps de discernement sur ce que représente : la personne du Christ, celle de saint François, celle de la Province et la sienne propre.

Vis-à-vis de la personne du Christ, il sera invité à parler de Lui autrement que de façon intellectuelle et pourra confronter sa sensibilité au dépôt commun de la foi. Nourrir son amour pour l’Église, acquérir un esprit missionnaire et rechercher la justice et la paix dans des engagements extérieurs (principalement vie associative ou paroissiale).

Ensuite, à la suite de notre fondateur, le postulant prendra le temps de revoir les causes profondes de sa propre vocation, partager ce qui résonne en lui, ce qui plaît ou pose question. Il approfondira les fondements de notre spiritualité marquée par les rencontres de saint François et l’écoute de l’Évangile.

GRANDIR DANS L’OBÉISSANCE

Envers notre Province, il découvrira son histoire, la réalité du terrain, ce qu’elle apporte et en quoi elle peut être enrichie. Enfin face à soi-même, à travers la solitude, la prière et le dialogue avec le Maître des postulants, il apprendra à oser dire en vérité ses forces et ses faiblesses, ses peurs et ses désirs. Il sera attentif à son équilibre émotif, affectif et sexuel.

Ce temps est toujours et tout en même temps douloureux et gratifiant. Gratifiant par l’attention à la personne du candidat mais douloureux comme temps de discernement et de désappropriation. Il faut apprendre à grandir dans l’obéissance, ce qui est loin d’être facile et, nous le savons, plusieurs jeunes ne franchissent pas cette étape. Nous vous invitons à porter dans la prière les jeunes qui s’apprêtent à vivre une période intense de leur vie !

Fr. François Comparat, OFM dans En frères n°7 (téléchargeable ici en PDF)