Une radicalitÉ que je dÉsire Être capable de suivre

Le 15 septembre 2017, Mathilde Gimelli s’installait avec d’autres jeunes professionnels à Orvault, à côté de Nantes, dans un ancien presbytère rebaptisé “Maison Claire et François”. Pour notre revue, elle a accepté de nous partager ce que saint François représente pour elle…

François d’Assise, c’est d’abord, pour moi, Giovanni di Pietro Bernadone, le “jeune homme riche” en quête de gloire, en quête de sens. Il ne se sent pas comblé. De mon côté, les perspectives de la vie d’adulte m’ont rapidement rebuté. Travailler derrière un ordinateur, voir davantage mes collègues que ma propre famille et rentrer à la nuit tombée, manger, dormir, acheter une voiture, m’endetter sur 30 ans pour une maison… Je désirais, moi aussi, construire mon trésor dans le ciel. Le scoutisme où l’on apprend combien précieuse est l’eau, combien le feu réchauffe, a été une belle école pour cela. Je me trouvais d’ailleurs dans la compagnie
sainte Claire d’Assise ! François fait une rencontre personnelle avec le Christ, cela lui prend des années mais il se passe un jour où il franchit le pas. Il abandonne “tout” ce qui a de la valeur aux yeux du monde pour suivre Jésus. Choix courageux, d’une radicalité que je désire être capable de suivre. François se met à nu et rend son manteau à son père. Par ce geste, il quitte son père terrestre pour s’en remettre totalement à Dieu. C’est ce qui m’a le plus marqué dans ma conversion. Se délester et faire confiance à la providence, ne serait-ce pas l’histoire d’une vie ?

SIMPLICITÉ JOYEUSE

Je me suis souvent dit : “Si Claire et François d’Assise revenaient dans les années 2000, peut-être auraient-ils l’intuition de vivre un peu comme nous ?” Nous avons choisi de répondre à l’appel du pape François, lancé dans Laudato si’, et de nous laisser guider par Claire et François. Notre choix de vie : des filles et des
garçons rassemblés dans un ancien presbytère, en périphérie d’une métropole, avec un grand jardin ouvert à tous et une vie de prière. Ce qui nous lie ? Nous sommes des chrétiens construisant leur vie d’adulte, amoureux de la nature, désireux de respecter la Création, dans la sobriété et le partage fraternel. Nous
essayons de suivre Claire et François sur la voie de la “simplicité joyeuse”, notre troisième pilier même s’il faut avouer que nous ne manquons de rien et que nous plaçons tous la radicalité à un niveau différent ! La vie spirituelle est ce qui nous unit et les sensibilités politiques et sociales passent au second plan. Les problématiques de notre époque nous poussent à supprimer les intermédiaires face à l’opacité des marchés. En effet, l’argent étant devenu une fin en soi, le bien-être de l’humain, celui des bêtes et de “sœur notre mère la terre” semblent niés. Il nous arrive parfois de payer deux fois plus cher pour un produit s’il est local et si l’employé est libre et heureux !

VIE FRATERNELLE

La vie fraternelle est notre second pilier. Notre plus grande misère, ce n’est pas l’accablement lié aux combats écologiques, mais bien la vie fraternelle, comme nous l’appelons ici dans notre Maison. Le partage de l’espace, la mise en commun des biens matériels et de son quotidien demandent de l’abandon. Chaque année, en septembre, nous pouvons faire le choix de rester ou partir. Pour ceux qui désirent rester, il s’agit d’accepter que : “Je reçois quatre cadeaux, c’est-à-dire chacun de mes colocataires. À moi de prendre le temps de les connaître, de les laisser m’aider à surmonter mes travers, de dépasser les leurs”, et de nous laisser
travailler par le Seigneur qui est notre ciment. Nous sommes engagés dans notre paroisse (Notre-Dame d’Orvault) qui, sans être franciscaine, est sensible à l’écologie. En mars, les laïcs franciscains de Nantes nous ont invités pour leur journée annuelle, l’occasion de faire de belles rencontres !

Mathilde GIMELLI

PRATIQUE : Pour prendre contact avec la Maison Claire et François ou simplement nous écrire un petit mot (cela fait si plaisir) : 56 bis rue des Verts Prés – 44 700 Orvault ou par courriel : maisonclaireetfrancois@gmail.com

“Se délester et faire confiance à la providence, ne serait-ce pas l’histoire d’une vie ?”

Mathilde GIMELLI